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Antonio Torrenzano, Blog E-south Hic et Nunc
| December 24, 2007 | 10:12 AM |
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La raison en état de contumace.
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Le lecteur constatera que, au-delà des références aux événements immédiats au début de l’année 2007, les questions posées pendant les conversations et les réflexions menées par les maîtres à penser n’ont pas perdu de leur actualité, car elles transcendent les contingences du quotidien. Les analyses faites et les réponses apportées ne sont évidemment ni exhaustives, ni définitives. Elles ont cependant semblé suffisamment novatrices et susceptibles d’ouvrir sur d’autres débats ce carnet virtuel pour la prochaine année.
Le privilège intellectuel de nous journalistes, je crois qu’il est le privilège de poser de questions. En n’oubliant jamais de s’interroger comme individus sur le changement. De poser questions épineuses, tragiques,irrévérencieuses que le monde sollicite afin de raconter plus mondes possible, plus humanité possible. J’ai fini de lire dans ces jours deux livres, pour quelques vers antithétiques, mais complémentaires en même temps. Le dernier petit essai de Tvetan Todorov,”la littérature en péril”, publié chez la maison Flammarion et l’essai de Vito Mancuso, “l’anima e il suo destino” (en langue italienne et pas encore traduit en langue française), publié chez la maison d’édition italienne Raffaello Cortina. Tvetan Todorov affirme que la littérature est en train de perdre sa fin authentique,c’est-à-dire la connaissance de l’homme.Une littérature et une critique qui se disjoignent de l’humanité qu’elles doivent représenter, ou souligner dans l’oeuvre même, ils deviennent alors simples jeux formels . Au célèbre dogme de Mallarmé:le monde existe pour aborder à un livre; Todorov oppose l’idée qu’un livre, pour être vraiment livre, il doive comprendre, contenir, reconnaître plus humanité possible, plus monde possible. Et le critique littéraire? Pour Tvetan Todorov, un connaisseur de l’être humain. Parce que, si pour celui qui écrit l’objet est la condition humaine; qui lit et interprète la littérature, c’est-à-dire le critique, il sera deux fois un spécialiste et un connaisseur d’humanité. Le travail de Todorov m’a plu. Todorov lance une interprétation inactuelle dans ce temps présent, celle d’une destination civile et communautaire de la critique littéraire, d’une sollicitation de la raison au sens kantien contre les vanités et les multiples inhumanités de notre période historique. Une critique littéraire qui s’indigne, qu’il se range pour la vérité en opposition à une certaine école de pensée, selon laquelle l’auteur, la réalité, le style sont un pur fétiche et, que l’interprétation du texte, ce n’est qu’une modalité formelle.
Vito Mancuso, philosophe et professeur de théologie moderne et contemporaine près de la faculté de philosophie de l’Université San Raffaele de Milan, il écrit de l’âme et de sa destinée. L’âme… la chose la plus éthérée, pas facile à raconter dont beaucoup de monde joint à douter qu’elle existe. Pourtant, de l’autre côté, c’est la chose plus forte,parce qu’elle est forte comme la vie, comme l’honnête, comme la vérité. Mais sans âme chaque individu aurait-il pu posséder l’émotion ou la passion? Mystère de l’attirance. Autre mystère,plus impénétrable,celui de l’appartenance et de la fidélité. L’esprit est l’émotion de l’intelligence qui s’établit en son et il produit la musique immortelle des concerts de Mozart;l’esprit est l’émotion de l’intelligence qui s’établit en couleur et il produit les ciels étoilés et les champs de Van Gogh; l’esprit est l’émotion de l’intelligence pour l’ordre et la symétrie du monde qui s’établit dans la recherche scientifique et qu’il fit parler Albert Einstein de “l’admiration extasiée des lois de la nature”;l’esprit est l’émotion de l’intelligence qui s’établit en philosophie et il produit la justice parfaite de l’impératif catégorique kantien. L’esprit est encore la pointe de l’âme: l’intelligence qui veut, la volonté qui pense, l’intégralité de l’expérience humaine. C’est-à-dire la totale consécration de l’homme à quelque chose de plus grand que soi. Les romantiques utilisent le terme coeur, le terme grec energheia,c’est-à-dire le souffle vital, la passion. Comment faire, alors, pour retourner à une clairvoyance solidaire?
Antonio Torrenzano.
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| December 24, 2007 | 10:12 AM |
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L’avenir des héritiers sans testament.
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L’année 2007 est en train de tourner à la fin et les esprits pensifs s’interrogent sur son sens. Je crois encore au doute. Je crois encore que dans le coeur de notre coeur, l’inquiétude nous permettra de continuer à vivre humainement.Être humain c’est chercher sans cesse et toujours la formule de la vie humaine. Peut-il y avoir un succès avec un pourquoi, mais sans un pour quoi ou un pour qui? La responsabilité pour le monde est un petit bout de destinée humaine, indifféremment de comme chacun de nous il le perçoit ou il l’assume.
Dans une de ses dernières leçons en Italie,à Florence, deux ans avant sa mort, un étudiant demanda à Jean-Pierre Vernant pourquoi nous avions encore besoin d’étudier la mythologie? Je crois -continua l’étudiant- qu’aujourd’hui la culture classique est insignifiante pour la condition humaine. Et je me souviens que Jean-Pierre Vernant s’amusa beaucoup à répondre: est-ce que vous savez pourquoi? Parce que les restes de toute cette “chose ancienne” couvrent encore les murs de notre système intérieur de croyances comme les tessons d’une poterie cassée dans un site archéologique. Et, puisque nous sommes de créatures vivantes, en toutes ces “choses anciennes” il y a encore beaucoup d’énergie. Notre mémoire,nos racines, mille et mille étoiles polaires. Personne qui désire se mettre au service des autres, il permettrait à soi-même échappatoires, médiocrité,du marketing. La responsabilité humaine est l’amour pour la vie de soi-même et des autres. Le dernier but de la recherche,de la politique et de la vie ils ne doivent être ni libération ni extase égoïste, mais le savoir et les doutes nécessaires à servir les autres.
Je me souviens encore de Joseph Campbell et de ses étudiants, qu’assis dans une salle du Sarah Lawrence College de New York, ils l’écoutaient ravis quand il affirmait: les destinées mènent qui veut, qui ne veut pas ils le traînent. Tous doivent s’assumer les responsabilités des consequences.Je me souviens encore que Joseph Campbell, comme tous les vrais maîtres à penser, enseignait par d’exemples.Ce n’était pas dans son style tâcher de convaincre les individus, il révélait seulement la splendeur de ses découvertes,il révélait sa joie pour la vie, sa responsabilité humaine vers ses jeunes étudiants afin d’être un pont vers la connaissance. Sa responsabilité humaine? Développer de nouveaux courants frais et vrais d’idées. Pas la recherche du sens de la vie, mais de l’expérience de l’être vif. Aussi pour Joseph Campbell, la culture classique était le papier routier intérieur de l’expérience, dessinée par des individus qui avaient voyagé avant. Un point de sagesse au-delà des conflits d’illusion et vérité.
Autrement dit: il me semble que l’erreur se trouve dans la présentation ou dans l’acception actuelle des nos valeurs, dans le climat de civilisation auxquels elles sont aujourd’hui soit directement liées, soit associées par la majorité du globe.L’erreur se trouve bien sur aussi dans notre manière de les exporter, manière qui trahit souvent une attitude arrogante, un mépris envers tous ceux qui hésitent à accepter automatiquement cette “marchandise” offerte. Quel est donc l’autre aspect, l’aspect manquant, de la solution démocratique? Quelle est cette dimension oubliée de la démocratie qui pourrait lui conférer une résonance universelle ? Je reste profondément convaincu que ce n’est ni plus ni moins qu’une dimension spirituelle. Et si la démocratie doit non seulement survivre, mais se répandre et résister au conflit des cultures, elle doit retrouver et renouveler ses racines, ses sources transcendentales. Retrouver donc un respect envers cet ordre immatériel. La perte de ce respect ne peut que mener à une perte de respect généralisée, à commencer par celui des lois dont les hommes se dotent, et en finissant par celui de la vie de leur prochain et de toute notre planète vivante. La relativisation des normes morales, la crise de l’autorité, la réduction de la vie à une course au profit matériel immédiat sans souci de ses conséquences pour la collectivité, ne vient pas d’abord de la démocratie, mais du fait que l’homme a perdu son ancrage transcendantal de sa responsabilité humaine et de son respect de lui-même.
En temps difficiles, la désapprobation peut se révéler par le refus,par le silence. Je suis encore convaincu qu’il soit indispensable de s’assumer le risque de la parole en essayant de poser un problème, poser une question indiscrète, à donner voix à qui, pour motifs différents, voix n’a pas. La séduction de cette saison que nous vivons, il réside vraiment dans la tentative de faire front à la complexité, de chercher nouvelles analyses pour retrouver du sens, un motif, de nouvelles raisons d’espérer. L’honnête, la franchise, la générosité,la douceur, l’amitié ne changent pas de signe d’un siècle à un autre, d’un continent à un autre ou en franchissant les frontières.
Antonio Torrenzano
*Special thanks to Mrs Guylaine Monnier pour l’image au texte. Fondatrice du site Flashxpress et du Flash Festival, Guylaine Monnier a publié un nouveau livre sur Flash pour les designers et le monde de l’art. Site web http://www.regart.net
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| December 22, 2007 | 2:12 AM |
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La violence contre les enfants,un problème urgent! Conversation avec Paulo Sergio Pinheiro.
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Conversation avec Paulo Sergio Pinheiro. Expert des droits sur l’enfance, Rapporteur spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’étude sur la violence contre les enfants. Paulo Sergio Pinheiro est professeur au Centre pour les études sur la violence de l’Université de Sao Paulo (Brésil) et auprès du Watson Institute of International Studies de la Brown University. Il a écrit nombreuses publications sur la démocratie et l’histoire sociale des droits humains. Dans le cadre des Nations Unies, il a recouvert le rôle de Rapporteur spécial sur la situation des droits humains au Myanmar et il a été membre de la Sous-commission pour la protection et promotion des droits humains.
Antonio Torrenzano. Les enfants continuent à être les victimes de graves violations juridiques, soit dans le sud du monde soit dans le nord de la planète.Comment pourrions-nous défendre, de manière plus efficace,l’enfance?
Paulo Sergio Pinheiro. La violence contre les enfants, il n’est jamais justifiable, comme il nous a aussi rappelé le message du secrétaire général des Nations Unies. Les enfants sont très vulnérable respect à la violence sans aucune distinction entre les riches et les pauvres, dans le nord comme au sud de la planète. Beaucoup d’enfants m’ont raconté leurs violences subies, ils m’ont parlé de leurs peurs, leurs déceptions. Il faut revenir à écouter les enfants. Je me rends compte que c’est un procès trop lourd, compliqué et qu’il y a aussi plusieurs facteurs sociaux qui sont à la base du problème de la violence. Cependant, notre passivité n’a plus d’excuse, nous devons traiter ce problème comme un problème urgent. Ils ont le droit à vivre leur enfance sans violence, sans atteindre demain ou un temps très loin. Nous devons demander au monde de transformer et modifier ces terribles réalités. La vie d’un enfant a une dimension complètement différente respect à celle d’un adulte et, les enfants, ils ne peuvent plus attendre. Si nous n’apportons pas de changements au milieu humain dans un temps très rapide, si la mentalité des communautés où nous vivons il ne change pas, si les lois ne sont pas améliorées, alors chaque jour beaucoup d’enfants seront destinés à devenir adultes sans avoir fréquenté l’école, sans avoir reçu une assistance proportionnée,sans avoir pu disposer d’un milieu sûr et protecteur dans lequel vivre.
Antonio Torrenzano. Est-ce que la violence sur les plus petits peut être prévenue?
Paulo Sergio Pinheiro. La violence n’est pas un simple incident, elle n’arrive pas par hasard, elle peut être certainement prévenue. Les recherches et la collaboration entre différents opérateurs du secteur de la santé et de la justice indiquent que, si les gouvernements affrontent les racines profondes de ce phénomène,la réalité pourra changer. La réponse doit être rapide et efficace et on pourrait adopter de mécanismes de détermination rapide de la violence pour en abattre les effets ravageurs. J’ajoute que les enfants devraient avoir à disposition des points d’écoute sûrs pour dénoncer les violences subies, pendant que les forces de police et la magistrature auraient l’obligation de travailler avec grande précaution pour ne pas exacerber les souffrances d’enfants ou d’adolescents victimes de violences. À la même manière, les auteurs de ces terribles crimes devraient être condamnés à des peines très sévères. Pour terminer mon analyse, j’ajoute que tous les états devraient investir encore plus dans la recherche et dans la récolte des données.C’est évident qu’il est impossible d’améliorer la condition de l’enfance en sachant peu de la vie que les mêmes enfants mènent. Et, il est encore plus inacceptable que la moitié de la population mondiale soit couverte par un système des renseignements pas proportionné. Les gouvernements, pour définir leurs politiques, ils ont besoin plus de renseignements et plus de données sur le problème de la violence: j’ai toujours insisté sur le fait qui reste une des principales causes de notre incapacité à défendre leurs droits. Sans écoute et sans compréhension de leurs préoccupations, nos possibilités de succès pour l’instruction et l’assistance qui leurs doivent avoir sont très basses.
A.T.Comme l’Accord sur les droits des enfants?
Paulo Sergio Pinheiro. La Convention sur les droits de l’enfant est un résultat important. Le texte a été ratifié par tous les pays du monde et c’est un traité universel qui fait partie de l’ordre juridique international.Tous les gouvernements l’ont ratifié et ils sont obligés à en réaliser les débuts et, en conséquence, les dispositions. L’étude du secrétaire général des Nations Unies demande aux pays signataires de revoir et améliorer les propres législations en interdisant chaque forme de violence contre l’enfance. Cet objectif doit être atteint d’ici au 2009. C’est clair que toutes les lois ne sont pas des baguettes magiques, ils ne changent pas la réalité d’aujourd’hui au lendemain, mais ils sont des instruments pédagogiques de toute façon forts qui constituent le fondement d’une action efficace. Les fonds affectés par les Nations Unies pour l’enfance sont à présent un fait considérable pour tout l’hémisphère méridional de la planète. L’UNICEF est un formidable instrument pour défendre les droits des enfants et, je crois que, nous avons déjà fait des progrès considérables. Aujourd’hui plus qu’en passé, nous disposons d’un agenda universel pour l’enfance et en termes d’éducation et de dialogue,on peut faire de plus et mieux.Une grande distance reste entre les désirs et la dureté de la réalité. L’important ce n’est pas perdre l’espoir et continuer dans notre engagement au service de cette partie plus faible et exposée de l’humanité.
Antonio Torrenzano
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| December 20, 2007 | 5:12 AM |
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Quand on n’est plus capable.Conversation avec M.me Giovanna Zucchelli de l’OHCHR-ONU Genève.
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Conversation avec M.me Maria Giovanna Zucchelli, conseiller juridique et spécial assistant de Luise Arbour, Haut Commissaire de l’ONU pour les Droits Humains. M.me Giovanna Zucchelli a recouvert la même charge avec le précédent Haut Commissaire pour les droits de l’Homme,M.me Mary Robinson et, elle a collaboré avec Sergio Vieira de Mello, fonctionnaire des Nations Unies décédé à Bagdad dans l’été 2003. Une large partie de son activité juridique internationale a été consacrée à la défense des femmes, des enfants et des minorités violées dans chaque angle de la planète. Dans cette époque tourmentée par de graves violations à la dignité humaine, “Madame des droits humains” (comme les collègues et les experts italiens l’appellent amicalement), continue silencieusement à construire ponts entre les différentes cultures et développer un fort consentement pour la défense des droits de tous. Le dialogue a eu lieu auprès du Centre de recherche Pio Manzù, le 28 octobre 2007, pendant la XXXIII édition des journées internationales d’études, titrées:”The flight of the humming bird.The future of children in the mind and society of the world”.
Antonio Torrenzano. Pourquoi dans un système que nous définissons mondialisé, dans la plupart des régions de la planète la dignité humaine est-elle encore écrasée ?
Giovanna Zucchelli. Je suis d’accord avec vos mots pour ce qui concerne la dignité humaine. Car, quand on parle des droits humains comme idée juridique, à la base de tout, il y a la vie et dignité humaine de chaque personne. Si nous regardions et interprétions, en revanche, ces concepts juridiques comme de simples lois, alors tous les efforts juridiques pour sauvegarder l’Individu deviendraient dépourvus de sens. La défense des droits humains est un devoir, il est un devoir comme mission de l’Agence des Nations Unies, ma mission comme juriste et personne. Beaucoup de monde à une idée très compliquée pour ce qui concerne ce secteur, certains pensent à des compliquées analyses juridiques ou philosophiques entre des académiciens. Mais, s’il était, dans un certain sens, seulement un travail intellectuel, alors nos efforts seraient seulement semblables à une petite collection des navires dans des bouteilles. Sergio Vieria de Mello, au contraire, a été assassiné pour sa mission de sauvegarde contre toutes les violations à l’individu en Iraq. Seulement si tu les mets en pratique, ils ont une utilité contre tous les effets dévastateurs qui effacent la vie humaine et la dignité de l’Homme. La force de la norme est fondamentale contre la violence et contre toutes les menaces à la vie humaine. Une vie ordinaire ne peut se dérouler avec une certaine stabilité qu’à condition qu’elle soit pourvue des capacités fondamentales de l’humain: pouvoir dire, pouvoir agir, pouvoir raconter et, enfin, pouvoir se croire capable de dire, de faire, de raconter. Or la vulnérabilité commence par déstabiliser et finit par rendre problématique l’exercice de ces capacités.
Antonio Torrenzano.Il y a tout un débat si les droits humains sont-ils occidentaux, ou ils sont orientaux. Qu’est-ce que vous pensez à ce propos?
Giovanna Zucchelli. Il est absolument stérile parce que sur une femme on n’a pas le droit de la taper, aucun enfant n’a pas le droit de mourir de faim ou de rougeole, aucun individu qui a le droit de défendre ses propres idées il ne peut pas être torturé. Ce sont de très graves violations qu’ils n’ont pas de frontières, primogénitures; ce débat est utilisé seulement pour fins idéologiques. Agir pour le respect des droits humains, il équivaut à affirmer le plein respect de la personne. Un homme, une femme, un enfant sont tous individus doués de sentiments, tous absolument égaux pour vivre une vie dans les meilleures conditions. Je vous fais l’exemple de la fable africaine du “vol du colibri”, un petit oiseau qu’avec son bec il tâche de contribuer à l’extinction de l’incendie dans la forêt. L’idée est celle-ci! Il n’importe pas ce que tu fais, que tu es où vifs-tu? L’important est d’assumer chacun de nous notre responsabilité et demander le respect des droits inviolables de tous. Personnellement, j’ai choisi cette mission comme métier, mais je sens quotidiennement cette responsabilité. Un seul point de repere:plus aucune violation dans toutes les régions de toute la planète ne contres les droits de l’homme, de la femme, des enfants. Les Nations Unies ont exclusivement créé un bureau pour la sauvegarde de ces droits. L’organisation est très engagée par ses activités contre ces menaces et dans une continue recherche de coopération avec les gouvernements pour le respect de ces droits. La seule condamnation ne sert rien. Il faut condamner la responsabilité individuelle des individus qui enlèvent les enfants, qui commettent de violences sur les civils, qui tuent de gens innocents. Il faut travailler avec les États nationaux pour créer des structures de sauvegarde. Il y a parfois des États qui veulent collaborer, mais ils n’ont pas les moyens pour le faire comme une administration intérieure suffisante, une police préparée à certaines éventualités. L’agence est en train de faire quelque chose dans le domaine juridique pour dépasser ces difficultés.
Antonio Torrenzano
*Special thanks to Sergio Volo photography pour l’image “Nations Unies Genève”.
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| December 15, 2007 | 12:12 PM |
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Journée mondiale des Droits de l’Homme. Conversation avec Sa Sainteté le Dalaï-Lama.
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Conversation avec Sa Sainteté Tenzin Gyatso, 72 ans, dont 48 ans en exil, quatorzième réincarnation du Dalaï-Lama, guide spirituel du bouddhisme tibétain. L’interview a eu lieu à Milan le huit décembre 2007, pendant la visite de Sa Sainteté en Italie.
Antonio Torrenzano. Votre Sainteté comment vit-il votre peuple? Les récents rapports d’Amnesty International parlent de moines contraints à abjurer ou forcés à expatrier.
Sa Sainteté le Dalaï-Lama. La République populaire de la Chine gouverne le Tibet avec des lois très rigides.Ils nous empêchent de pratiquer notre religion. L’exploitation menace notre territoire et l’environnement. Liberté d’expression n’existe pas et il n’existe pas la liberté de presse. La violation des droits humains est continue. Je crois que ces violations peuvent avoir conséquences négatives pour l’unité et la stabilité de la même République populaire chinoise. Depuis 2002, nous avons eu avec le gouvernement de Pékin six rencontres: à la cinquième rencontre, ils ont reconnu que nous ne cherchions pas l’indépendance, mais l’autonomie comme il recommande la loi fondamentale de l’État chinois. J’avais joui, mais à la fin du juin 2007, ils nous ont accusés de nouveau de séparatisme et intensifié encore une fois la répression.
Antonio Torrenzano. Qu’est-ce qu’il peut faire l’Union européenne?
Sa Sainteté le Dalaï-Lama. L’Union européenne, qui promeut la valeur des droits humains, elle pourra toutes les fois qui rencontreront les dirigeants du gouvernement de Pékin rappeler ces valeurs. Je tourne cet appel aussi aux intellectuels,au monde académique, aux hommes d’affaires qu’ils ont importants rapports d’affaires avec la République populaire chinoise. Je crois que se taire, troquer justice et vérité pour l’argent, il soit une forme de loi du silence et de corruption. J’ai déjà affirmé ma pensée au Président des États-Unis, Mr George W. Bush, au Chancelier allemand M.me Angela Merkel, à Vienne au Chancelier social-démocrate Mr. Gusenbauuer. Nous désirons seulement prier et vivre librement. Je crois vivement à la paix, à la fraternité entre les hommes, au dialogue religieux.
A.T. L’homme parfait n’est pas intéressant, ce sont les imperfections de la vie qui se font aimer. Est-ce qu’il existe un point de clairvoyance au-delà des frontières de l’illusion?
Sa Sainteté le Dalaï-Lama. Il y n’aura pas une paix entre les peuples et il y n’aura pas une paix entre les individus sans justice et vérité et un dialogue entre tous. La justice est un droit inaliénable ! Avoir une vénération pour la vie développe une culture du respect vis-à-vis de chaque vie. En Italie, il a y eu quelque embarras pour ma visite, de l’autre côté, partout j’aille, les dirigeants chinois posent des problèmes aux Pays qui me reçoivent.
Antonio Torrenzano
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| December 10, 2007 | 7:12 AM |
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Le paradigme de la liberté dans les terres de l’oppression.Conversation avec le philosophe André Glucksmann.
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La conversation avec André Glucksmann a eu lieu à Rimini pendant la XXXeme édition des journées internationales d’études sur “Islands without an archipelago. Economies,the masses,nation states in search of a new sovereignty” organisées par le centre de recherche Pio Manzù.
Antonio Torrenzano. Pourquoi soutenez-vous que le premier droit de chaque homme, il est ce de s’opposer contre l’inhumanité de sa condition ?
André Glucksmann. La bataille pour les droits humains ne peut pas être fondée sur un idéal abstrait de l’homme ou de l’humanité. Au contraire, telle défense doit être motivée seulement par l’expérience de ce qui est inhumain. Je peux affirmer que l’universalité des droits de l’homme a du sens surtout dans l’universalité de l’inhumain. Voilà parce que les droits ne doivent pas servir à la construction d’un paradis en Terre, mais seul à combattre, bien que possible, l’enfer que nous y trouvons devant. Ce n’est pas l’idée d’un bien suprême qui mobilise les hommes, mais la résistance au mal. J’ai toujours été sans illusions et lointain de l’idéalisme présent dans la Déclaration des droits de l’homme. La même sensibilité vaut aussi pour d’autres personnes qui ont partagé avec moi cette idée: Bernard Kouchenr, Michel Foucault. Ces derniers avaient toujours critiqué chaque définition idéaliste ou métaphysique de l’homme. En conséquence, je n’ai jamais adhéré à la conception des droits de l’homme élaborée au XVIII et au XIX siècle qui postulait la promotion d’un simple idéal humain. Une telle perspective, il me semble trop colonial et je ne peux pas absolument la partager. En outre, devant à un idéal vague, les affronts et les menaces qui pèsent sur l’homme – c’est-à-dire les champs de torture nazis, les tortures, l’humiliation et les oppressions – ils m’apparaissaient comme réalités terriblement concrètes et universelles.
Antonio Torrenzano.Comment expliquez-vous les nombreuses faillites des processus de paix dans le continent africain ?
André Glucksmann. Les peace builders considèrent souvent le conflit armé comme un pur objet d’intervention plutôt que comme un complexe résulté de dynamiques (pour la plus grande partie localisée) d’un conflit. Ce processus se concentre sur la construction d’institutions principalement à niveau national et il ignore cependant les causes de fond de la violence soutenues sur le terrain. C’est une approche seulement technique! En outre, quand la communauté internationale montre sa disponibilité à traiter avec la violence endémique sur le terrain, il se concentre en général seulement sur les leviers nationaux ou internationaux de la violence sans analyser la vraie situation et les vrais rapports de force. Une raison de la faillite, dans la gestion de beaucoup de conflits dans le continent africain, est que l’attitude vers la paix a amplement négligé les changements d’organisation des sociétés locales. En plusieurs de régions de conflit, la diminution des compétences de l’État national et la création de mouvements rebelles et de milices, ils ont laissé marges d’action à la formation de nouveaux centres pas nationaux d’autorité qu’ils ont introduit nouvelles modalités de surveillance politique, social et économique.
Antonio Torrenzano.Dans les prochains cinquante ans, Michael Ignatieff soutient dans ses écrits, nous devons nous attendre de voir ultérieurement fragmenté le consentement moral qui soutint la Déclaration universelle des droits de l’homme du 1948. Pourquoi la mondialisation économique n’a-t-elle pas porté une globalisation morale ?
André Glucksmann. Notre premier droit est celui de combattre l’inhumain et de résister à l’oppression en obligeant le pouvoir à respecter l’homme. Ceci concerne la défense des libertés fondamentales qu’ils permettent le progrès démocratique. Chaque homme doit avoir toujours la possibilité de défendre sa propre dignité, n’en oubliant pas qu’il s’agit d’une possibilité toujours relative, possibilité devenue encore plus relative aujourd’hui dans les pays occidentaux.Le respect absolu des droits humains n’existe pas, aussi les pays démocratiques les piétinent. Mais une démocratie garantit toujours à ceux qui veulent faire respecter les droits, la possibilité de s’exprimer et se faire écouter de l’opinion publique. La démocratie n’est pas une réalité parfaite, mais une réalité dans laquelle il est possible de dénoncer qui viole les droits. Aujourd’hui, cette possibilité est étendue plus qu’au passé. Aux États-Unis, par exemple, les tortures sont dénoncées et il y aura des condamnations. Pendant la guerre de l’Algérie, la France a torturé sans problème et aucun militaire n’a jamais été jugé. Il y a encore des États qui utilisent dans une en manière foulée le sujet des droits de l’Homme. La Russie, par exemple, veut faire condamner les atrocités commises par les Américains dans les prisons iraquiennes, mais elle refuse chaque ingérence en Cecenie où les tortures sont une pratique normale depuis dix ans.
A.T. Pensez-vous à Beslan ?
André Glucksmann. Je pense encore à Beslan, je pense encore aux violences systématiques qui arrivent en Cecenie, à la violence perpétrée sur les femmes, sur les enfants, sur les hommes. Je pense aux cent mille individus disparus dont il y a plus de nouvelles. Ces disparus ne comptent pas pour les chancelleries politiques. Est-ce que les dissidents n’ont jamais compté pour les gouvernements? La situation peut certainement changer, nous pouvons encore trouver reliquats de moral qui encore hébergent dans beaucoup d’individus. Qu’est-ce que nous répondrons à nos fils quand ils nous revendiqueront quoi nous avons fait pour cette tragédie démesurée? Comment répondrons-nous ?
Antonio Torrenzano.
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| December 8, 2007 | 9:12 AM |
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Réflexions sur les Droits de l’Homme et l’impunité des tyrannies.
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Le dix décembre sera la Journée internationale des Droits de l’Homme. À ce propos, le point de repère essentiel est sans doute la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, élaborée à la fin de la deuxième guerre mondiale en réponse à ses atrocités et qui constitue le premier moyen international de protection des droits humains, en étant la grande innovation du droit international de la seconde moitié du vingtième siècle. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est devenue le texte fondamental pour l’élaboration des actes et des instruments internationaux suivants en matière de droits humains. Ses normes ont été consacrées comme dispositions jus cogens, étant admises dans la catégorie des normes internationales auxquelles on ne peut pas déroger.
En d’autres termes, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme a consacré une nouvelle vision de l’individu que les Nations Unies et d’autres institutions tendent à promouvoir. De nos jours, on s’accorde donc à considérer les droits de l’Homme comme l’expression directe de la dignité de la personne humaine; et que l’obligation pour les États d’en assurer le respect et la réalisation découle de la reconnaissance de cette dignité et que cette obligation internationale est une obligation erga omnes qui incombe à chaque État vis-à-vis de la communauté internationale dans son ensemble. Ce texte fondamental comprend, sans aucune graduation d’importance, tous les droits humains, soit les droits civils et politiques – définis par une certaine doctrine comme droits de première génération – soit les droits économiques, sociaux et culturels, décrits comme les droits de deuxième génération. La Déclaration a constitué et constitue donc le principal instrument pour la réalisation de l’être humain.
Depuis l’élaboration de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la communauté internationale a adopté le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques en 1966, en vigueur en 1976. Ces Pactes ont prévu pour les États signataires des obligations juridiques et des droits réciproques en donnant une forme explicite aux droits consacrés dans la Déclaration.Les actes internationaux surnommés – et surtout la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme – ont inspiré la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples de 1981, la Convention américaine relative aux droits de l’homme de 1969 et l’activité d’institutions spécialisées comme l’UNESCO, l’ILO ou l’OMS. Par ailleurs, l’Acte final de la conférence internationale d’Helsinki de 1975 sur la sécurité et la coopération en Europe constitue une application de la Déclaration pour certains profils, notamment pour ce qui concerne la coopération dans le domaine humanitaire et d’autres secteurs. La même Convention européenne des Droits de l’Homme de 1950, adoptée dans le cadre du Conseil de l’Europe, a été inspirée au texte de la Déclaration Universelle. Certainement, les actes internationaux inspirés des principes consacrés dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme sont la preuve qu’il y a désormais une modification de la communis opinio au niveau international. En effet, même si cette doctrine n’a pas d’effet direct sur la subjectivité internationale de l’individu, elle amène à considérer d’une façon différente les droits de l’être humain.
Je constate, toutefois, que les tyrannies, qu’elles soient de droite ou de gauche, d’orient ou d’occident, d’hier ou d’aujourd’hui ou de demain, se ressembles encore toutes. Tout est identique:les systèmes de répression, les arrestations, les interrogatoires, les cellules d’isolement, les gardiens obtus qui confisquent même le stylo et le papier pour écrire, identiques les persécutions quand on fait sortir de prison le réprouvé qui a osé désobéir, les contrôles et menaces et les tentatives pour l’éliminer s’il est incorrigible. Mais il ya un point particulier que partagent toutes les tyrannies,une chose curieuse au premier abord:le refus de laisser partir le réprouvé qui de s’en aller dans un autre Pays. Car s’il part, s’il ne dérange plus,comment faire pour se venger de sa désobéissance. Comment fait-on pour le surveiller, le tourmenter, le remettre dans une prison? Comment fait-on surtout pour l’empêcher de s’exprimer ou plutôt de penser ? Pour les tyrannies, le réprouvé en exil constitue un problème plus grave que le réprouvé dans le Pays. Pourquoi? Car , en exil, il pense,il s’exprime,il agit et,pour se débarrasser de lui, il faut prendre la peine d’envoyer un tueur qui l’abatte à coups de pistolet.
Exemples concrets? Bien sur chers amis:le Dalaï-Lama, Haung San Suu Kyi au Myanmar qui attends un passeport depuis une vie, les peuples africains violés par la misère, l’égoïsme des multinationales et l’avidité du Nord du monde, les registres des certifiés de naissance brulés en Bosnie dans la région des Balkans, le riche (sic!!!) peuple chinois sans liberté de presse, de parole ou cohésion sociale.Au fond, Hobbes a raison: l’homme est animé de pulsions violentes envers son espèce. Mais l’auteur du Léviathan a tort de nous assimiler au loup. La meurtre du loup par le loup est tabou. Depuis la nuit des temps, le loup a aboli la peine de mort.Les États-Unis et la Chine en sont loin. Aucune bête sauvage n’aurait jamais assassiné ses congénères comme nous nous y employés à Srebenica, Sarajevo, Kigali au Rwanda, dans l’Ouganda du Nord, au Congo, à Mogadiscio,au Myanmar, au Tibet, au Darfur, en Cecenie. Aucun animal n’aurait pu concevoir et exécuter cet ordre que je retiens le plus barbare.
Qu’est-ce que alors un Homme privé de sa dignité ? Qu’est-ce que alors un Homme sans ses droits et sans liberté ? Qu’est-ce que alors une vie humaine sans dignité? Quand l’existence d’un homme et d’une femme n’a plus rien d’humain, le demain n’est pas un autre jour . Bien plus que le tigre de Racine, nous sommes altérés de sang. Meurtriers,tortionnaires et fiers de l’être. L’Homme est-il capable de maitriser les forces qui le poussent à la tyrannie? Reussira-t-il à réfréner son aggressivité pour tendre vers un but collectif qui le dépasse? La survie de l’humanité au vingt et unième siècle dépend de la réponse qui sera donnée à ces questions. Mon coeur voudrait dire oui. Ma raison répond non! On n’aurait rien fait, affirme Patrick Wachsmann, si l’on s’était contenté de déclarer, de proclamer les droits de l’homme: c’est évidemment leur réalisation qui importe et celle-ci suppose la mise en place de mécanismes de garantie qui soient effectivement au service et à la disposition des titulaires de ces droits.
Antonio Torrenzano
*Special thanks to Jean-Stéfane Cantero photography pour l’image “People”. Website: www.stef-cantero.com
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| December 6, 2007 | 12:12 PM |
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Du bon usage des Droits de l’Homme.Conversation avec l’Archevêque Desmond Mpilo Tutu.
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Conversation avec l’Archevêque anglican Desmond Mpilo Tutu, 78 ans,Prix Nobel pour la Paix en 1984 pour sa résistance contre l’apartheid en Afrique du Sud, sa nation de naissance. L’archevêque est actuellement engagé pour la population du Darfur afin d’améliorer les conditions humaines des réfugiés surtout des enfants, des femmes et des personnes âgées. Le dialogue a eu lieu pendant le World Social Forum à Nairobi en janvier 2007.
Antonio Torrenzano. Est-ce que la voie de la réconciliation parcourue dans votre Pays a été inspirée à considérations d’ordre politique ou il y a aussi une idée philosophique plus générale basée sur la valeur libératoire du pardon qui devrait rapprocher la victime et l’auteur des violences?
Archevêque Desmond Tutu. La Commission pour la vérité et la réconciliation fut fondée pour dépasser une impasse politique, à partir de la constatation que, si on n’était pas apprêté un mécanisme pour gérer les injustices du passé, les mêmes injustices ils auraient continué à tourmenter le nouveau gouvernement et à menacer les structures fragiles de la jeune démocratie de l’Afrique du Sud. Dans l’Acte constitutif de la commission, il n’y avait pas aucune demande de pardon ou les victimes devaient être pardonnées. Les occasions dans lesquelles les persécuteurs ont communiqué un désir de pardon ont été le fruit d’une exigence humaine individuelle vers les victimes. La Commission pour la vérité et la réconciliation a été un forum appréciable à l’intérieur du Pays dont soit les victimes soit les bourreaux ont eu la possibilité de se mesurer comme êtres humains. Quelques-uns ont eu le mérite de reconnaître notre commune vulnérabilité comme créatures humaines et, dans ce contexte, donner et recevoir du pardon. Encore, la Commission n’a pas opéré pour punir les fautes du passé parce que celui-ci aurait été un objectif impossible à poursuivre. Elle a opéré, en revanche, pour créer un climat qu’il encourageait la réconciliation et, dans ce sens, je crois qu’elle a été amplement efficace. La Commission a donné voix et reconnaissance à qui a été blessé pour des ans dans ses droits humains fondamentaux. Par exemple, une des victimes qui a perdu la vue après avoir été blessée par la police, elle a remercié les commissaires du jury pour lui avoir accordé la favorable occasion de raconter son histoire et elle a conclu: aujourd’hui vous m’avez rendu mes yeux. Avec la Commission pour la vérité et la réconciliation, aucun Africain de l’Afrique du Sud ne pourra me dire: je ne le savais pas, parce qu’une grande quantité de nouveaux renseignements est venue à la lumière. Nous avons connu la vérité sur beaucoup d’accidents dont on ne savait rien avant. Individus qui avaient disparu, ils ont été exhumés des fosses communes et leurs parents ont pu célébrer les enterrements et enterrer dignement de nouveau leurs morts. Je suis convaincu que l’opéré de la Commission a vivement contenu le danger de se répéter de la spirale de violence.
Antonio Torrenzano.Est-ce que quelle valeur authentique peut avoir une demande unilatérale de pardon pas posée aux victimes des violences, mais à leurs descendants?
Archevêque Desmond Tutu. Il n’est jamais trop tard pour se repentir. Les pas à accomplir pour le pardon et pour la recomposition d’un rapport cassé doivent être clairs. C’est-à-dire la reconnaissance d’un comportement incorrect, l’admission de la violence et les excuses à ceux qui ont été frappés par ce comportement inhumain. Les excuses pourront être acceptées, on pourra pardonner, mais l’authenticité du repentir doit être montrée par la forme de la réparation. Si j’avais volé votre stylo et je m’excuse avec vous et vous me dites que vous acceptiez mes excuses pour mon manque:mes excuses n’auront pas de valeur jusqu’à quand je ne vous rends pas votre stylo ou je ne réalise d’autres formes de réparation.
Antonio Torrenzano. Dans vos écrits, vous posez l’accent sur le pouvoir de la souffrance qu’il rachète et il rend fort. Mais…comme peut-on concilier la souffrance humaine et l’espoir d’un avenir différent?
Archevêque Desmond Tutu. Sans la foi, je n’aurais pas survécu à la lutte certainement contre l’injustice de l’apartheid. Elle a été la certitude qui est le monde de Dieu et que nous sommes confiés à ses soins qu’il m’a soutenu. Si nous croyons, par exemple, que chaque personne a une valeur inestimable parce que créée à l’image de Dieu, probablement pas nous pourrions être indifférents à un système que considère la Personne humaine quelque chose de moins. La foi nous a donné vraiment la force de penser à un avenir différent et pas des simples idéaux politiques.
A.T. L’Afrique, quels défis devra-t-elle affronter dans l’immédiat?
Archevêque Desmond Tutu. Une des blessures les plus désastreuses qu’ils tourmentent le Continent africain est celle du SIDA. Le changement climatique,il est en train de rendre le paludisme une menace sérieuse pour la santé de beaucoup d’Africains et il exaspère, de plus, le problème de la pénurie d’eau, de la sécheresse et du manque de nourriture. Ces problèmes sur la longue période rendront le Continent instable et ils doivent être affrontés avec une très haute urgence. Un autre problème concerne la corruption des gouvernements. J’espère que toutes les initiatives que nous sommes en train d’activer, elles peuvent soulever de nouveau l’Afrique. De ma part, je ne veux me soustraire à aucun effort qu’il peut, d’une manière ou dans l’autre, améliorer les conditions de vie de mes gens. J’ai foi! Quand je suis devenu archevêque de Le Cap en 1986, je ne pouvais pas prendre la résidence et vivre dans mon diocèse, parce qu’il était illégal pour un noir vivre dans un quartier de blancs. À l’époque, je communiquai au gouvernement: celle-ci est ma résidence, faites-vous ce qui vous semble. Ils auraient pu m’envoyer en prison en me prescrivant une sanction pénale, mais ils ne le firent pas.
Antonio Torrenzano
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| December 6, 2007 | 6:12 AM |
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